Au lendemain de l’annonce de la signature attendue de l’accord de paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, ce jeudi à Washington, l’ancien ministre congolais des Affaires étrangères, Léonard She Okitundu, a livré une réaction ferme lors d’une interview accordée à Radio France internationale (RFI).
L’ex-chef de la diplomatie congolaise estime que Kinshasa doit saisir cette opportunité pour s’attaquer frontalement à la question sécuritaire la plus sensible dans les relations entre les deux pays : la présence des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) dans l’Est du Congo.
Il recommande à la RDC de “prendre des mesures radicales et crédibles pour neutraliser les FDLR”, un groupe armé rwandais accusé de déstabiliser la région depuis plus de deux décennies.
She Okitundu met également en garde contre toute tentative de dialogue politique interne qu’il juge inappropriée dans le contexte actuel.
Lors d’une conférence-débat tenue le 23 novembre à l’Université de Kinshasa, le député national avait déclaré que “proposer un dialogue dans ce contexte, c’est faire le jeu du Rwanda”, allant jusqu’à considérer une telle initiative comme un acte de “trahison de la nation”.
Selon lui, les priorités du moment doivent se concentrer sur la restauration de la sécurité, la cohésion nationale autour de la politique extérieure du pays et la consolidation de la souveraineté congolaise dans la région des Grands Lacs.
Un accord présenté comme “historique”
L’accord attendu à Washington intervient dans un climat de vives tensions persistantes dans l’Est du Congo, marqué par les offensives du M23, que Kinshasa accuse d’être soutenu par Kigali. La rencontre entre les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame est perçue comme une étape diplomatique cruciale, censée ouvrir la voie à une désescalade durable.
