Ituri : la MONUSCO intensifie la sensibilisation contre Ebola face à la désinformation

Alors que la province de l’Ituri fait face à une nouvelle résurgence de la maladie à virus Ebola, les efforts de sensibilisation des communautés se multiplient afin de lutter contre la désinformation qui freine la riposte sanitaire. Depuis la déclaration officielle de l’épidémie le 16 mai dernier, les autorités sanitaires congolaises ont enregistré plus de 200 décès dans la province, dans un contexte marqué par la peur, les rumeurs et les croyances erronées autour de la maladie.

À Bunia et dans plusieurs zones touchées, certaines populations continuent de douter de l’existence même d’Ebola, assimilant parfois cette maladie à une invention ou à des pratiques mystiques. Cette méfiance complique le travail des équipes de riposte qui tentent de renforcer les mesures de prévention et d’assurer une prise en charge rapide des cas suspects.

Face à cette situation, la MONUSCO a renforcé son appui aux autorités congolaises à travers des campagnes de sensibilisation communautaire.

Des Casques bleus bangladais, accompagnés des équipes de la Section des Affaires civiles, ont parcouru la localité de Rhoo, dans le territoire de Djugu ce lundi, à l’aide de mégaphones pour sensibiliser les habitants sur les dangers réels de la maladie et l’importance du respect des consignes sanitaires. Au cours de ces activités, les populations ont été appelées à adopter les gestes barrières essentiels, notamment le lavage régulier des mains, l’évitement des contacts physiques, le port du masque et le signalement rapide des cas suspects.

Les campagnes ont également ciblé les zones à forte mobilité comme Seseti, Blukwa-État et certaines positions militaires des FARDC, où les déplacements fréquents augmentent les risques de propagation du virus.

Selon l’ONG AIDES, qui gère le site des déplacés de Rhoo, le nombre de personnes déplacées est passé de 54 871 en avril à plus de 61 000 actuellement, accentuant les défis sanitaires dans la région.

Dans ce contexte, les acteurs de la riposte estiment que la lutte contre Ebola ne dépend pas uniquement des moyens médicaux, mais aussi d’une communication efficace capable de rassurer les communautés, combattre les fausses informations et renforcer la confiance de la population envers les équipes sanitaires.

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