Dans une publication faite sur son compte X, Richard Muyej Mangeze, ancien ministre de l’Intérieur, estime que le débat sur le fédéralisme qui agite l’espace public congolais est une diversion dangereuse. Selon lui, cette controverse détourne l’attention des vraies urgences : la diplomatie parallèle qui fragilise la souveraineté nationale, l’opacité des décisions publiques et la prédation systématique des ressources du pays.
Muyej rappelle que la question institutionnelle fut déjà tranchée lors du dialogue de Sun City et de Pretoria, où un compromis historique avait consacré la décentralisation comme équilibre entre unité nationale et autonomie locale. Remettre ce débat sur la table aujourd’hui, affirme-t-il, revient à fragiliser ce Pacte Républicain et à encourager ceux qui veulent rompre avec l’architecture institutionnelle patiemment construite.
Pour lui, le problème n’est pas le choix entre unitarisme et fédéralisme, mais l’absence de volonté politique pour appliquer pleinement la décentralisation. Les enjeux réels sont économiques : comment rééquilibrer le développement des provinces et rompre avec les pratiques centralistes héritées du passé, telles que la concentration du pouvoir, le népotisme et la captation des ressources ?
Cet ancien ministre souligne que pendant que le pays se perd dans ces débats, le régime actuel poursuit sa dérive dans une opulence arrogante, sourde aux souffrances du peuple. Il appelle l’opposition à la sincérité, à l’unité et au sens de l’État pour contrer la manipulation politique et la dérive autoritaire en cours.
Muyej conclut en appelant à la responsabilité et à l’action collective. Il estime que l’heure n’est pas aux divisions, mais à une mobilisation rapide et déterminée pour stopper la destruction en cours et remettre le pays sur la voie d’une gouvernance responsable, fidèle au Pacte Républicain.
