La situation sécuritaire demeure préoccupante dans la chefferie des Bombo où la Nouvelle Société Civile Coordination dénonce une recrudescence des attaques attribuées aux rebelles ADF/MTM. Selon cette structure citoyenne, les incursions ont débuté le 12 mars 2026 dans le groupement Enjewa, au village Mavuvu, avant de s’étendre vers plusieurs localités voisines de la chefferie des Bandaka.
D’après la société civile, les combattants ADF-MTM auraient successivement frappé les zones de PK12 de Badengaido sur l’axe Mambasa le 16 mars, puis Bafwakoa le 1er avril 2026.
Plusieurs villages de la chefferie des Bombo, notamment Penge, Talawa, Kulungu, Gbaka, Ile et Salate, auraient également été visés lors des attaques enregistrées entre le 23 et le 24 avril dernier. La coordination locale estime que ces mouvements prouvent la liberté de circulation des rebelles dans cette partie de l’Ituri.
La NSCC évoque aussi des incidents récents qui renforcent la peur au sein de la population. Le 20 mai 2026, un habitant connu sous le nom de Mr Limbanain a perdu la vie après avoir marché sur une mine à Muchacha. Quelques semaines auparavant, deux habitants, Rémy âgé de 34 ans et Emmanuel Muhindo âgé de 25 ans, avaient disparu alors qu’ils se rendaient à une source d’eau située à environ 500 mètres d’une position des FARDC.
Selon la société civile, ces deux hommes auraient été pris en otage par des combattants ADF-MTM qui fréquenteraient régulièrement les environs de Muchacha pour exploiter les champs abandonnés par les habitants.
Cette proximité des assaillants avec les positions militaires inquiète fortement la population locale qui réclame un renforcement urgent des dispositifs sécuritaires dans la zone. Par ailleurs, la coordination citoyenne accuse certains militaires de se concentrer davantage sur les activités d’orpaillage que sur la protection des civils.
Elle dénonce également la multiplication des barrières sur la RN4 à Muchacha, passées de trois à huit postes de contrôle où des taxes variant entre 2 000 et 5 000 francs congolais seraient exigées aux voyageurs. La société civile appelle enfin les autorités militaires de l’Ituri à prendre des mesures concrètes pour restaurer la paix et soulager les populations affectées par les violences.
