16 janvier 2026 : Laurent-Désiré Kabila dans l’oubli collectif

 

Vingt-cinq ans après l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila, premier président de la République démocratique du Congo après l’ère Mobutu, aucune manifestation officielle ni populaire n’a été organisée pour marquer cette date symbolique. Le 16 janvier, autrefois inscrit dans la mémoire nationale comme un jour de recueillement, est passé presque inaperçu à travers le pays.

Seuls ses proches et sa fondation se sont souvenus de cette journée si importante pour eux.

Assassiné en 2001 dans son bureau au Palais de Marbre, Laurent-Désiré Kabila avait incarné l’espoir d’un renouveau politique après plus de trois décennies de dictature. Son arrivée au pouvoir en 1997, à la tête de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), avait suscité de grandes attentes au sein de la population, malgré un contexte sécuritaire et économique déjà fragile.

Mais au-delà de sa fonction présidentielle, Laurent-Désiré Kabila fut avant tout un homme de combat. Dès les années 1960, il s’engagea dans la lutte pour la souveraineté nationale, opposé à l’ingérence étrangère et déterminé à restaurer la dignité du peuple congolais. Son parcours, marqué par des années de résistance politique et militaire, symbolisait pour beaucoup la quête d’un Congo libre, maître de son destin et de ses ressources.

Un quart de siècle plus tard, son héritage semble pourtant s’effacer progressivement de l’espace public. Ni cérémonies officielles, ni discours, ni hommages visibles n’ont marqué l’anniversaire de sa disparition. Dans plusieurs villes du pays, la journée s’est déroulée comme une date ordinaire, sans mobilisation citoyenne ni rappel institutionnel de son rôle dans l’histoire contemporaine de la RDC.

Pour certains observateurs, cet effacement traduit une évolution des priorités nationales, mais aussi un rapport complexe à la mémoire politique. Les générations plus jeunes, peu exposées à l’histoire récente du pays, connaissent parfois mal la figure de Laurent-Désiré Kabila, tandis que d’autres estiment que son bilan reste contrasté, entre promesses de changement et désillusions politiques.

Cette absence de commémoration soulève ainsi des interrogations sur la place accordée à la mémoire nationale en République démocratique du Congo. De nombreux Congolais appellent aujourd’hui le pouvoir en place à honorer dignement la mémoire de ce grand homme, héros national, en valorisant son héritage, en entretenant ses lieux de mémoire et en inscrivant durablement son combat dans la conscience collective. En ce 16 janvier 2026, le silence autour de Laurent-Désiré Kabila révèle non seulement un oubli, mais aussi une responsabilité nationale face à l’histoire.

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