Le Bureau conjoint des Nations-Unies aux Droits de l’Homme (BCNUDH) a tiré la sonnette d’alarme sur la persistance des violences sexuelles liées aux conflits en République démocratique du Congo. Dans un communiqué publié le 8 mars 2026 à Kinshasa, consulté par challengeinfo.cd ce lundi 09 mars 2026, cette institution des Nations-Unies dénonce notamment l’utilisation du viol comme arme de guerre et attire l’attention sur le sort difficile des enfants nés de ces violences.
Selon les données recueillies par le BCNUDH en 2025, 887 cas de violences sexuelles ont été documentés, touchant 1 534 victimes, dont une majorité de femmes et de filles.
L’est du pays demeure l’épicentre de cette tragédie, particulièrement dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, qui concentrent près de 80 % des victimes recensées. Le rapport souligne que 75 % des violences sont attribuées aux groupes armés. Parmi eux figurent notamment le Mouvement du 23 mars (M23), des groupes Wazalendo, la Coopérative pour le développement du Congo (CODECO), plusieurs groupes Maï-Maï, les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et les Forces démocratiques alliées (ADF).
Le BCNUDH note également que 19 % des cas documentés impliquent des agents étatiques, notamment les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), la Police nationale congolaise (PNC) et l’Agence nationale de renseignements (ANR).
Le communiqué met aussi en lumière des pratiques particulièrement graves, notamment l’esclavage sexuel, où des femmes et des filles sont retenues en captivité et soumises à des viols répétés, parfois accompagnés de grossesses forcées. Les enfants nés de ces violences font face à une forte stigmatisation sociale, à l’absence d’enregistrement à l’état civil et à un risque élevé de recrutement par des groupes armés.
Face à cette situation, le BCNUDH appelle les autorités congolaises à renforcer les poursuites contre les auteurs de ces crimes, les groupes armés à mettre immédiatement fin aux violences sexuelles et à libérer les femmes et filles retenues, tandis que la communauté internationale est invitée à accroître son soutien pour une prise en charge complète des survivantes, au-delà des seuls soins médicaux d’urgence.
