RDC : la présidente du CPD s’interroge sur les motivations de l’accueil des migrants américains

 

Me Ernestine Nyoka Kayiba, présidente nationale du parti politique Congrès des Patriotes Démocrates (CPD), a exprimé de vives réserves quant à la décision du gouvernement congolais d’accueillir temporairement des ressortissants de pays tiers expulsés des États-Unis.

Dans une interview accordée à Challenge.cd, elle s’est interrogée sur les risques sécuritaires et économiques liés à cette initiative.

« Nous risquons une nouvelle crise »

Selon Mme Nyoka Kayiba, l’histoire récente de la République démocratique du Congo devrait servir de leçon.

« En 1994, sous le régime de Mobutu Sese Seko, nous avons accepté l’installation des réfugiés rwandais sur notre territoire. Les conséquences de cette décision ont contribué aux événements ayant conduit à l’émergence de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), notamment à travers des infiltrations », a-t-elle rappelé.

La présidente du CPD dénonce également un manque de transparence dans la gestion de cette initiative.

« Pourquoi signer des accords concernant ces expulsés sans passer au préalable par le Parlement ? Cela aurait permis d’apporter plus de clarté, notamment sur les modalités et les responsabilités », a-t-elle déclaré.

Elle s’interroge en outre sur les garanties internationales entourant cette décision :

« En 1994, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés avait encadré l’accueil des réfugiés rwandais. Aujourd’hui, au-delà des États-Unis, quelle structure internationale garantit l’identité réelle et le suivi de ces personnes ? »

Ernestine Nyoka Kayiba met en garde contre les conséquences potentielles d’un tel accueil sans encadrement strict.

« Nous risquons de devenir une sorte de dépotoir, accueillant tout ce qui n’est pas accepté ailleurs », a-t-elle déploré.

Elle évoque également l’aggravation de la situation sécuritaire dans la capitale Kinshasa, qui, depuis quelque temps, inquiète les paisibles citoyens.

« Avec la recrudescence du banditisme urbain dans la capitale, il est légitime de se demander si ces personnes, dont nous ne maîtrisons pas le profil, pourront être correctement encadrées. Existe-t-il des dispositions logistiques et sociales pour leur prise en charge ? »

Face à ces préoccupations, la présidente du CPD appelle à une approche prudente, fondée sur la transparence, des garanties sécuritaires solides et un encadrement rigoureux des migrants.

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