La Banque Centrale du Congo (BCC) a annoncé, jeudi 9 avril à Kinshasa, une baisse de son taux directeur, désormais fixé à 13,5 % contre 15 % auparavant. La décision a été prise à l’issue de la réunion du Comité de politique monétaire (CPM), présidée par le gouverneur André Wameso Nkualoloki, dans un contexte marqué par une amélioration notable des indicateurs macroéconomiques.
Cette orientation monétaire s’appuie notamment sur le ralentissement significatif de l’inflation, qui s’établit à 2,2 % en glissement annuel à fin mars 2026, contre plus de 10 % à la même période en 2025. Une évolution que la BCC interprète comme le signe d’une stabilisation progressive du cadre économique, ouvrant ainsi la voie à un assouplissement de sa politique monétaire afin de soutenir l’activité.
Mais au-delà de cette mesure, l’institution monétaire a également dévoilé une réforme majeure du régime des devises. À partir du 9 avril 2027, elle se réserve l’exclusivité de l’importation physique des billets en monnaies étrangères. Dans le même élan, toute transaction en espèces en devises sera interdite sur l’ensemble du territoire national, sans distinction de montant, marquant un tournant dans la régulation du marché de change.
À travers ces décisions, la Banque centrale entend renforcer le contrôle des flux monétaires, limiter la dollarisation de l’économie et promouvoir l’usage de la monnaie nationale.
Une stratégie qui pourrait profondément modifier les habitudes financières en République démocratique du Congo, tout en posant des défis d’adaptation pour les acteurs économiques.
