L’organisation internationale Human Rights Watch (HRW) a dénoncé le jugement prononcé le 30 septembre 2025 par un tribunal militaire congolais contre l’ancien président Joseph Kabila, condamné à mort par contumace pour trahison et crimes de guerre. Pour HRW, cette procédure « viole les principes fondamentaux d’un procès équitable » et révèle une instrumentalisation politique de la justice en République démocratique du Congo (RDC).
Selon Human Rights Watch, le procès de Joseph Kabila, conduit en son absence et sans avocat de la défense, ne respecte pas les normes internationales relatives aux droits humains. « La reddition de comptes perd tout son sens lorsqu’elle se fait à travers des simulacres de procès », souligne l’organisation basée à New York.
HRW rappelle que la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples interdit aux tribunaux militaires de juger des civils, une disposition clairement bafouée dans cette affaire.
« Juger un ancien chef d’État devant une cour militaire, sans respect des garanties de procédure, sape la crédibilité du système judiciaire congolais », estime l’organisation.
Human Rights Watch s’interroge également sur le timing de ce jugement, au moment où le pays traverse une crise sécuritaire majeure dans l’Est et où les tensions politiques s’accentuent à Kinshasa.
« Le moment choisi n’est pas anodin », indique HRW, rappelant que Joseph Kabila reste une figure politique influente, perçue comme un rival potentiel du président Félix Tshisekedi.
Plus tôt cette année, l’ancien président avait publiquement critiqué le gouvernement depuis une zone sous contrôle rebelle du M23, ce qui, selon HRW, aurait pu précipiter les poursuites judiciaires. L’organisation estime que ces démarches s’apparentent à une tentative d’écarter un adversaire politique plutôt qu’à une recherche authentique de justice.
Pour Human Rights Watch, ce procès dépasse le cas individuel de Joseph Kabila et constitue un précédent dangereux.
« Refuser à un ancien président une procédure équitable envoie un message alarmant à tous les opposants politiques : le droit à un procès équitable devient conditionnel et révocable selon les circonstances », déclare HRW.
L’organisation appelle les autorités congolaises à renforcer les institutions judiciaires et à cesser d’utiliser les tribunaux comme instruments de règlement de comptes politiques.
« Le jugement contre Joseph Kabila n’est pas un triomphe de la justice, mais un signal d’alarme sur la dérive autoritaire qui s’installe en RDC », conclut Human Rights Watch.
