RDC : Ernestine Nyoka Kayiba alerte sur un « glissement » du processus électoral et un éventuel changement constitutionnel

 

La Présidente nationale du parti politique Congrès des Patriotes Démocrates (CPD), Ernestine Nyoka Kayiba, a exprimé ses vives inquiétudes face aux récentes déclarations du Président de la République, Félix Tshisekedi, concernant l’avenir du processus électoral en République démocratique du Congo.

Dans une déclaration faite à la rédaction de Challengeinfo.cd, la responsable politique estime que la récente conférence de presse du Chef de l’État a semé « confusion et inquiétude » au sein de l’opinion publique, particulièrement autour des élections prévues en 2028.

Selon Ernestine Nyoka Kayiba, les propos du Président Tshisekedi laissent entendre que l’organisation des prochaines élections pourrait être compromise en raison de l’occupation d’une partie du territoire national par des groupes armés. Une position qui, selon elle, vient renforcer les soupçons d’un éventuel projet de changement de la Constitution.

« Ce qui relevait jusque-là d’hypothèses semble désormais confirmé par le Chef de l’État lui-même », a-t-elle déclaré, évoquant également la perspective d’un référendum qui, à ses yeux, soulève plusieurs contradictions dans le contexte sécuritaire actuel.

La Présidente du CPD s’interroge notamment sur la possibilité d’organiser un référendum national alors qu’une partie du pays échappe encore au contrôle de l’État. Pour elle, cette situation alimente davantage les craintes d’un processus pouvant conduire à une nouvelle Constitution et, par conséquent, ouvrir la voie à un éventuel troisième mandat présidentiel.

Dans son intervention, Ernestine Nyoka Kayiba a également mis en garde contre ce qu’elle qualifie de « risque de balkanisation » ou de « soudanisation » de la RDC, en référence aux divisions territoriales et aux crises institutionnelles observées dans certains pays africains.

L’opposante politique, membre de la coalition de gauche dirigée par Jean-Marc Kabund, appelle ainsi le peuple congolais à défendre l’ordre constitutionnel et à s’opposer à toute tentative de changement constitutionnel . Elle cite notamment l’article 64 de la Constitution comme « rempart démocratique » face à toute dérive institutionnelle.

« Sans élections en 2028, le pays risquerait de s’engager dans une grave crise institutionnelle », a-t-elle averti, réaffirmant l’attachement de son parti à la démocratie, à l’unité nationale et au respect de la Constitution de la République Démocratique du Congo.

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