Un nouvel épisode judiciaire secoue la Cour de cassation en République démocratique du Congo. Constant Mutamba, ancien ministre de la Justice et Garde des Sceaux, a officiellement demandé la récusation des juges Justin Kibamba Moket et Thomas Otshudi Wongodi Okita, tous deux membres de la composition siégeant dans la cause RP22/CR qui l’oppose au Ministère public.
Dans une déclaration adressée le 5 août 2025 au greffier en chef de la Cour de cassation à Kinshasa/Gombe, l’ex-ministre dénonce une « partialité remarquée » de la part des deux magistrats, qu’il accuse d’inimitié personnelle et de volonté manifeste de le condamner, en violation des principes d’équité et d’indépendance judiciaire.
Selon le document, le juge Thomas Otshudi Wongodi Okita se serait livré à des actes d’intimidation à l’audience du 4 août, parlant pendant plus de vingt minutes sans permettre à l’accusé de s’exprimer librement, tout en le réprimandant lorsqu’il ne répondait pas dans le sens voulu.
Le juge président de chambre, Justin Kibamba Moket, est quant à lui accusé d’avoir rejeté la demande de comparution de M. Adler Kisula, secrétaire exécutif de la CENAREF, qui aurait pu apporter des éclaircissements utiles à la défense. Ce refus, basé sur une disposition de la loi sur le blanchiment d’argent et la lutte contre le financement du terrorisme, est jugé non pertinent par les avocats de Constant Mutamba.
L’ancien ministre dénonce également une forme de mépris à l’égard de ses avocats, que le juge président aurait tournés en dérision pour leur statut d’avocats près la Cour d’appel, les considérant inférieurs à ceux de la Cour de cassation.
La défense affirme enfin que les débats sont conduits de manière déséquilibrée, favorisant systématiquement le Ministère public, dont les interventions seraient intégralement acceptées, contrairement à celles de la défense souvent censurées ou ignorées.
Cette demande de récusation s’appuie sur les articles 49 et suivants de la loi organique n°13/011-B du 11 avril 2013 régissant le fonctionnement et les compétences des juridictions de l’ordre judiciaire. Elle intervient dans un contexte où l’indépendance de la justice reste au cœur des préoccupations de nombreux observateurs.
Le ministre de la justice et de Sceaux, est accusé de détournement présumé de 19 millions de dollars américains, pour la construction d’une prison à Kisangani.
