Le Secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, a dans une sortie médiatique dimanche 08 février, formellement démenti les récentes affirmations de l’ancien Premier ministre sous Joseph Kabila.
Alors que Matata Ponyo laissait entendre avoir été sollicité par la présidence, Augustin Kabuya livre une version diamétralement opposée. Selon le chef de file du parti présidentiel, c’est l’opposant lui-même qui aurait manoeuvré pour obtenir une audience.
Kabuya affirme avoir reçu l’ancien Premier ministre « à pas feutrés » dans une résidence de la Gombe, précisant même avoir pris une photo de Matata Ponyo avec son propre téléphone pour en informer immédiatement le Chef de l’État.
Selon Augustin Kabuya, Matata Ponyo aurait cherché une protection politique pour échapper aux poursuites.
« Matata m’a dit qu’il avait besoin d’accompagner le Chef de l’État. Mais que cette affaire de justice liée au projet Bukanga-Lonzo le tourmentait », affirme-t-il.
Kabuya rapporte que Matata se présentait comme un « simple exécutant », affirmant que les ordres venaient « d’en haut », tout en tenant des propos particulièrement sévères à l’égard de Joseph Kabila. Malgré les appels du pied de l’opposant, la réponse du Président de la République, telle que rapportée par Kabuya, semble avoir été sans équivoque. Priorisant le slogan de « l’État de droit », Félix Tshisekedi aurait refusé toute interférence politique dans le processus judiciaire.
« Matata a volé l’argent de la République et la justice n’avait pas encore fait son travail. Laissons la justice faire son travail », aurait tranché le Chef de l’État.
Cette sortie d’Augustin Kabuya intervient dans un climat politique tendu où les alliances se font et se défont. En qualifiant les dénégations de Matata Ponyo de « sorcellerie », le camp présidentiel cherche non seulement à décrédibiliser la parole de l’opposant, mais aussi à réaffirmer l’indépendance de la justice face aux dossiers de corruption.
