Le débat politique en République démocratique du Congo prend une tournure préoccupante. Dans une tribune engagée, Jean Jeef Mwanza tire la sonnette d’alarme face aux propos récents de Joseph Kabila, qu’il juge porteurs de risques pour l’unité nationale.
Au cœur de l’inquiétude : l’évocation par l’ancien chef de l’État d’une possible « soudanisation » de la crise congolaise, dans un entretien accordé au média belge La Libre Belgique. Pour cet observateur de la vie politique, un tel discours, venant d’une personnalité ayant dirigé le pays pendant près de deux décennies, ne saurait être anodin.
« Comment comprendre qu’un ancien Président puisse aujourd’hui tenir des propos susceptibles d’alimenter l’idée d’une division du pays qu’il a lui-même dirigé pendant dix-huit ans ? », s’interroge-t-il. Une question lourde de sens dans un contexte sécuritaire et politique déjà fragile.
Jean Jeef Mwanza va plus loin en suggérant que cette prise de position pourrait traduire une logique de repli politique face à l’impossibilité de reconquête du pouvoir par des voies démocratiques. Il évoque, à demi-mot, une continuité troublante entre certains discours actuels et les dynamiques de déstabilisation passées, accusant implicitement l’ancien régime d’ambiguïtés vis-à-vis de mouvements rebelles.
Dans ce climat tendu, l’auteur estime que les mises en garde du président en exercice, Félix Tshisekedi, sur les menaces pesant sur la cohésion nationale trouvent un écho particulier. Il appelle à une vigilance accrue pour éviter tout scénario de fragmentation du territoire congolais.
Au-delà des critiques, la tribune se veut également un appel à la mobilisation nationale. « Le peuple congolais doit se rassembler comme un seul homme derrière les institutions de la République et le Chef de l’État », plaide-t-il, insistant sur la nécessité de faire front commun contre toute initiative susceptible de fragiliser la souveraineté du pays.
S’adressant enfin à la classe politique, Jean Jeef Mwanza exhorte à dépasser les clivages partisans. Pour lui, l’urgence est claire : préserver « la case commune », métaphore d’une nation unie, face aux risques de division.
Dans un contexte où les discours politiques façonnent les perceptions et les équilibres, cette prise de position illustre la montée des tensions autour de la question de l’unité nationale en RDC et rappelle l’importance d’une parole publique responsable à tous les niveaux de l’État.
