L’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP) a publié un communiqué dans lequel il critique la conduite du procès de l’ancien président Joseph Kabila. Pour l’ODEP, ce procès aurait dû être une occasion historique de rompre avec la culture de l’impunité qui persiste en République Démocratique du Congo.
Au lieu de cela, l’organisation estime que la justice congolaise a réduit les débats à la question de la nationalité de l’ex-président, délaissant les crimes pourtant documentés qui auraient dû faire l’objet du dossier.
L’ODEP souligne que le procès a été entaché de plusieurs irrégularités, notamment la décision du Sénat d’autoriser les poursuites, alors que la loi confère cette compétence au Congrès. L’organisation déplore que la justice n’ait pas saisi cette opportunité pour établir une jurisprudence exemplaire basée sur des faits graves et irréfutables, ce qui aurait permis de marquer une rupture avec le passé.
Pour l’ODEP, cette situation s’inscrit dans une continuité historique d’impunité qui remonte à l’indépendance du pays. De Kasa-Vubu à Mobutu, en passant par Laurent-Désiré Kabila, les crimes politiques et économiques sont restés impunis, notamment avec la “Révolution-Pardon” de 1997, qui a institutionnalisé l’impunité et permis le recyclage des acteurs du régime précédent.
Pour rompre ce cycle, l’ODEP propose des réformes. L’organisation appelle à la mise en place d’une justice impartiale et exemplaire, reposant sur des enquêtes approfondies. Elle plaide également pour l’instauration d’un audit indépendant et systématique à la fin de chaque mandat présidentiel, ainsi que l’abrogation de la loi sur le statut des anciens chefs d’État qui, dans sa forme actuelle, consacre l’impunité et place les anciens dirigeants au-dessus de la loi.
