Procès Constant Mutamba : la société Zion Construction n’a jamais existée à l’immeuble CTC ! “Gestionnaire”

 

Le procès du ministère public contre Constant Mutamba, ancien ministre de la Justice et garde des Sceaux de la République démocratique du Congo, se poursuit à la Cour d’Appel de Kinshasa-Gombe dans le cadre d’une affaire de détournement présumé de deniers publics.

À sa sixième audience, tenue le mercredi 6 août 2025, les débats se sont concentrés sur la légitimité d’une société-clé dans le dossier. Il s’agit notamment de la société “Zion Construction”.

Cité par la défense comme un des bénéficiaires de contrats dans le cadre des projets publics, Zion Construction est soupçonnée d’avoir perçu d’importants fonds publics sans justification claire de leur usage effectif.

Cette audience a permis à la Cour d’interroger plusieurs témoins, dont la gestionnaire de l’immeuble CTC, lieu censé abriter le siège de cette société.

Dans son témoignage, la gestionnaire des lieux a déclaré n’avoir jamais vu ni entendu parler de la société Zion Construction dans l’immeuble. Selon ses affirmations, le 4e étage, supposément occupé par Zion Construction, est en réalité attribué à une autre entité : MK Architecture. Aucune trace de Zion Construction n’a été retrouvée ni dans les contrats de bail ni dans les registres d’occupation de l’immeuble.

Des rumeurs relayées en marge de l’audience ont suggéré que Zion Construction aurait pu partager discrètement des locaux avec MK Architecture.

Mais jusqu’à présent, aucune preuve tangible n’est venue étayer cette hypothèse. Ce flou alimente les soupçons sur l’authenticité et l’activité réelle de cette société.

Face à ces révélations, Constant Mutamba a reconnu devant la cour que ses services n’avaient pas effectué des vérifications sur le terrain pour s’assurer de l’existence physique et opérationnelle de Zion Construction. L’ancien ministre continue néanmoins d’affirmer que la société existe bel et bien, sans fournir de documents probants ni témoins à l’appui de ses déclarations.

Le procès reprendra le 13 août prochain, avec l’audition d’autres témoins clés. La Cour devra se prononcer sur la réalité des liens entre l’ancien ministre et cette société controversée, ainsi que sur l’usage des fonds qui lui ont été alloués.

Au-delà de la personne du prévenu, c’est la crédibilité des institutions publiques et la lutte contre le blanchiment d’argent qui sont en jeu dans cette affaire suivie de près par plusieurs observateurs.

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