Ce vendredi 19 septembre, une nouvelle polémique secoue la commune de Karisimbi, à Goma, dans la province du Nord-Kivu, où les autorités administratives liées au mouvement rebelle AFC-M23 ont instauré un système de tarification des documents fonciers.
Une vidéo virale publiée sur les réseaux sociaux montre le responsable local des services de cadastre et de titres immobiliers annoncés publiquement les montants exigés pour l’obtention de ces documents.
Selon les informations fournies dans la vidéo, le certificat de parcelle est fixé à 815 dollars américains, avec 50 dollars supplémentaires pour les frais de mesurage. Un contrat de propriété coûte, lui, 415 dollars, également assorti de 50 dollars de mesure et ne serait valable que pour trois ans.
Plus préoccupant encore, le responsable a déclaré que « le sol et le sous-sol appartiennent à l’État », ajoutant que toute parcelle non identifiée pourrait être réaffectée, une affirmation qui a semé le trouble au sein de la population locale.
Cette déclaration est perçue par plusieurs habitants comme une menace directe à la sécurité foncière, dans une région déjà marquée par l’instabilité et les déplacements forcés.
Les critiques fusent de toute part. Des voix s’élèvent pour dénoncer ce qu’elles considèrent comme une ” spoliation organisée ” dans une zone sous contrôle militaire de facto, où l’État congolais n’exerce plus son autorité.
Pour l’heure, aucune réaction officielle du gouvernement congolais ou d’organismes internationaux n’a été enregistrée. Mais la question foncière, toujours sensible dans l’Est de la République démocratique du Congo, risque de cristalliser davantage les tensions entre populations civiles, autorités locales et groupe armés.
