Multiplication des stations-service en RDC : des mesures sécuritaires pour limiter les dégâts !

 

Cela fait déjà plusieurs années depuis qu’il s’observe une multiplication des stations-service à Kinshasa et dans d’autres provinces. Ce phénomène inquiète la population car le carburant est un produit néfaste dans la vie d’un être humain.

L’ingénieur Peter Amela Lokima Bosekwa agronome-environnementaliste, chercheur et consultant indépendant a au cours d’une interview exclusive accordée à challengeinfo.cd, réagi quant à ce.

À l’en croire, les stations-service sont des fournisseurs d’énergie et l’énergie n’est pas indésirable car c’est important pour la survie notamment pour le transport (véhicules et motos), pour l’électricité ( à travers le générateur ou le gaz pour la cuisson).

« La multiplication des stations-service est induite par la demande croissante parallèle à la croissance démographique. Sur base du besoin en carburant, nous comprenons qu’il est normal et nécessaire que l’offre augmente », a-t-il dit.

Et de souligner : « Les conditions légales et réglementaires sont supposées atténuer les risques liés à l’environnement et à la santé c’est-à-dire, sécuriser la population. Quels sont ces risques : l’incendie, contamination (eau et sol), pollution atmosphérique (intoxication avec les risques sanitaires liés aux émissions des composés organiques volatiles), composition du carburant non conforme aux standards (principalement pour la concentration en soufre et plomb) d’où le contrôle par l’État car le soufre est un polluant dangereux de l’air. Il ne peut pas dépasser 10g/kg de diesel et le plomb pas plus de 0,15g/litre ».

Sur ce, l’ingénieur Peter Amela donne une série des mesures sécuritaires et environnementales à respecter pour limiter des dégâts comme cela se fait sous d’autres cieux :

– une servitude de 5 mètres de large à l’intérieur de la station-service pour permettre une intervention des services de lutte contre l’incendie ;

– une distance minimale de 500 mètres entre deux stations-service ;

– une distance minimale mesurable avec les établissements, lieux publics (100 m ; écoles, hôpitaux etc), bâtiments administratifs et endroits stratégiques (1000 m, présidence, sénat, assemblée nationale);

– un mur pare-feu construit conformément à la réglementation en vigueur ;

– un espace vert planté et entretenu sur terrain non occupé par les installations pétrolières.

En RDC, a précisé l’ingénieur Peter, il existe le code des hydrocarbures de 2015 mais les détails ne sont pas suffisamment vulgarisés et il est nécessaire que le ministère de tutelle, y travaille.

À cet effet, il est nécessaire de respecter le cadre légal et réglementaire, les stations-service doivent être équipées des dispositifs de sécurité approuvés mais aussi, il est impératif de respecter les régulations environnementales concernant le stockage, la manipulation et l’élimination des produits pétroliers. Cela permettra d’atténuer les risques et de propulser les bénéfices qui découlent de ce secteur, il s’agit de l’équilibre « risque – bénéfice ».

Pour conclure, il a invité le gouvernement congolais à se pencher aussi sur le phénomène «Kadhafi » vu qu’il y a une expansion incontrôlée de ce service de distribution de carburant informel.

Notons qu’en juillet dernier, un incendie s’était déclaré dans une station-service près de l’hôpital général de Bukavu, dans la commune de Kadutu. Il y a eu des blessés graves, deux maisons, deux véhicules et deux motos calcinés.

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