Réunie au sein de la coalition « C64 », l’opposition congolaise appelle les habitants de Kinshasa à observer une journée « ville morte » ce mercredi 3 juin 2026. L’objectif est de protester la tentative de modification de la Constitution par le régime en place.
Très critique envers son ancien compère Félix Tshisekedi, Jean-Marc Kabund-a-Kabund, leader de l’Alliance pour le Changement (A.Ch), s’affiche désormais au premier plan de cette dynamique de contestation. Il appelle les Kinois à rester à la maison afin de se préserver.
« Kinoises, Kinois, votre histoire est celle du courage : lutte pour l’indépendance, résistance à la dictature de Mobutu, combat face à l’agression rwandaise, et refus du projet de troisième mandat du FCC. Aujourd’hui encore, vous êtes face à votre destin. Félix Tshisekedi veut changer la Constitution non pour améliorer vos conditions de vie, mais pour s’ouvrir la voie à un pouvoir sans limite et confisquer notre démocratie. Conscients de notre devoir patriotique, nous, C64, vous appelons à observer la journée « ville morte » ce mercredi 03 juin 2026 », a écrit Jean-Marc Kabund sur son compte X.
Dans une déclaration commune, les leaders de la coalition C64 rappellent le passé de résistance de la capitale face aux dérives dictatoriales et appellent les citoyens à un sursaut patriotique. Tout en se disant conscients de la dureté du quotidien pour les ménages kinois, ils demandent à la population de rester à la maison ce mercredi pour dire un « NON catégorique au coup d’État constitutionnel ».
Cette protestation intervient alors que le climat est extrêmement tendu au Parlement. Les députés de l’opposition ont récemment claqué la porte des séances de l’Assemblée nationale pour boycotter l’examen d’un projet de loi portant sur les modalités pratiques d’organisation d’un référendum en RDC.
Pour Jean-Marc Kabund et ses alliés du C64, ce texte de loi cache une stratégie de la majorité présidentielle pour faire sauter les verrous constitutionnels qui limitent le nombre et la durée des mandats du chef de l’État.
