Kinshasa entre chaos et renaissance : Daniel Bumba va-t-il vraiment mettre fin à l’anarchie urbaine ?

 

Kinshasa est-elle à l’aube d’un grand ménage ou face à une énième promesse sans lendemain ? Face à l’insécurité grandissante, à l’occupation désordonnée des espaces publics et à l’anarchie urbaine généralisée, l’Hôtel de ville, sous l’autorité du gouverneur Daniel Bumba, semble décidé à frapper fort.

Réuni en conseil provincial de sécurité ce mardi 5 août, le chef de l’exécutif provincial a tiré la sonnette d’alarme. Il dénonce la persistance des violences urbaines, notamment le phénomène « Kuluna », ces bandes de jeunes délinquants qui sèment la terreur dans plusieurs quartiers , mais aussi la multiplication de marchés et garages illégaux qui envahissent les trottoirs, obstruent les avenues et défigurent la ville.

Des mesures d’urgence en gestation

Le gouverneur a ainsi exhorté les membres du conseil à concevoir des mesures fermes, coordonnées et applicables sur le terrain, afin de faire face à cette dégradation sociale et urbaine. Il est question de redonner à la ville sa dignité, en combinant actions de sécurité, de salubrité et de réorganisation de l’espace public.

Deux opérations phares sont annoncées : « Retour à la norme » et « Ndobo », des campagnes qui visent à restaurer l’ordre public et améliorer l’image de Kinshasa. La première phase de ces opérations sera lancée dans la commune de la Gombe, souvent considérée comme la vitrine administrative et diplomatique du pays, avant de s’étendre aux autres communes.

Une approche musclée mais nécessaire ?

Les autorités entendent désormais privilégier une approche plus ferme, quitte à déranger certains intérêts. Pour elles, il n’est plus question de tolérer l’occupation anarchique des trottoirs, les constructions sauvages, ou encore l’implantation sauvage de commerces dans des zones non prévues à cet effet.

En toile de fond, se pose une question centrale : le gouvernement provincial parviendra-t-il à appliquer ces mesures dans un contexte de corruption, de clientélisme politique et d’impunité ? Les précédentes tentatives de “rangement” de la ville ont souvent été ponctuelles, sans réelle continuité ni accompagnement social pour les personnes impactées.

Un changement durable passe aussi par les citoyens

Pour réussir cette transformation, les autorités devront non seulement faire preuve de rigueur, mais aussi impliquer les citoyens. Une ville plus propre et plus sécurisée passe par une prise de conscience collective , c’est-à-dire respect des espaces communs, dénonciation des actes inciviques et collaboration avec les forces de l’ordre.

En définitive, le pari de Daniel Bumba est ambitieux. Mais il est aussi vital pour une ville comme Kinshasa, mégalopole de plus de 15 millions d’habitants, qui peine à gérer ses défis urbains. Le rendez-vous est donc pris avec l’histoire . Sera-t-il celui du sursaut ou d’un nouveau désenchantement ?

Crhioni Kibungu

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