La présidente nationale du Congrès des patriotes démocrates (CPD), Ernestine Nyoka Kayiba, a salué les sanctions prises par les États-Unis contre le Rwanda pour son implication présumée dans la crise sécuritaire qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo.
Pour elle, ces mesures constituent « une première étape importante », mais elles demeurent insuffisantes face à l’ampleur de la situation dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Dans une interview accordée à Challengeinfo.cd, la dirigeante politique appelle à un durcissement de la position de la communauté internationale. Elle plaide notamment pour un embargo sur les armes visant Kigali, estimant que les sanctions financières et diplomatiques ne peuvent, à elles seules, freiner l’instabilité persistante dans la région.
Ernestine Nyoka exhorte également Washington à aller plus loin en « intimant clairement l’ordre » au Rwanda de retirer ses forces du territoire congolais, en particulier des villes stratégiques de Goma et Bukavu. Elle rappelle le précédent d’Uvira où, selon elle, la pression internationale avait conduit à un retrait.
« La pression doit produire des effets concrets », insiste-t-elle, réclamant une réouverture pleinement sécurisée de Goma et Bukavu, alors que l’aéroport de Goma est déjà opérationnel. A l’instar d’Uvira où les rebelles du l’AFC /M23 s’étaient retirés de cette zone.
Ces déclarations interviennent dans un climat de fortes tensions diplomatiques entre Kinshasa et Kigali, sur fond d’accusations répétées de soutien rwandais au Mouvement du 23 mars (M23). Tandis que Kigali rejette fermement ces allégations, Kinshasa poursuit ses démarches diplomatiques afin d’obtenir des sanctions plus sévères et un isolement accru du régime rwandais.
Par cette prise de position, Ernestine Nyoka Kayiba s’inscrit dans la dynamique des acteurs politiques congolais qui réclament des mesures contraignantes, au nom de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC.
