Cela ressemble bien plus à un scénario choquant et surprenant qui touche à sa fin. Entre triomphalisme et lutte de pouvoir ou rapport de force, les détails des épisodes anodins et intrigants ont été largement ignorés en raison du spectacle captivant. Apprécié par certains et détesté par d’autres, cette fin rappelle un dénouement de film, mais se révèle être contre-productif pour le pouvoir en place.
Pour de nombreux observateurs, Joseph Kabila reste un personnage énigmatique et mystérieux. En analysant attentivement ses actions et paroles, on peut conclure qu’il a mis toutes ses cartes sur table dans le contexte politico- sécuritaire instable en République démocratique du Congo.
Nonobstant le matraquage médiatique intense dont le Sénateur à vie a fait l’objet depuis qu’il s’est éloigné de la scène politique pour se consacrer à d’autres activités, ou depuis son retour récent qui a secoué le paysage politique, une chose est claire : Joseph Kabila cherche à jouer un rôle crucial, probablement similaire à celui qu’il a occupé de 2001 à 2006, à la suite du décès tragique de son père, dont il est indiscutablement l’héritier idéologique et politique.
Malgré les critiques de certains affabulateurs et pourfendeurs qui tentent de déformer le cours de l’histoire, il semble que Kabila veut œuvrer pour sauver un pays au bord du précipice.
Cette fois-ci, l’histoire a l’avantage de présenter un homme intrépidement aguerri, prêt à faire des sacrifices et qui a gagné en maturité au fil du temps.
« Nous avons commis des erreurs. Elles peuvent soit vous rendre plus fort soit vous détruire définitivement, selon votre force intérieure. Il est donc de notre devoir de savoir les rectifier », a répondu Joseph Kabila, avec calme et légendaire sérénité, lorsqu’on lui a demandé s’il regrettait d’avoir soutenu son successeur au début de son premier mandat.
En ce qui concerne Joseph Kabila, il donne un bel exemple en choisissant de se concentrer sur l’avenir plutôt que sur le passé. Il refuse d’être prisonnier du passé et se donne la responsabilité de rectifier ce qui peut l’être afin de faire face avec succès aux défis à venir. C’est un souhait exprimé publiquement par Félix Tshisekedi lors de sa prestation de serment au stade des Martyrs le 10 janvier 2024. Dans cette optique, il est clair qu’il est facile de prétendre corriger les erreurs du passé sans pour autant agir en conséquence. Est-ce que l’ancien chef de l’État congolais (2001 à 2019) tomberait lui aussi dans ce jeu de mots ?
Pour le moment, nous pouvons affirmer, même si cela risque de provoquer les réactions de certains esprits mesquins parmi les Congolais, que Joseph Kabila ne commet rarement la même erreur deux fois. Il sait ce qu’il veut accomplir, se donne les moyens pour y parvenir et marque des buts à la régulière.
La vérité est-elle qu’on ne peut nullement corriger les erreurs sans être meilleur ou changé par rapport à soi-même.
L’expérience politique ou de gestion seule ne suffit pas pour améliorer l’avenir. Il est nécessaire d’y ajouter la sagesse. Autrement dit, bien que l’expérience puisse rendre certains individus sages, c’est la sagesse qui permet de l’évaluer. Joseph Kabila fait partie de ces rares hommes et femmes illustres dont la sagesse a été forgée par de nombreuses années d’expérience dans la gestion des affaires publiques.
Dans une interview avec des journalistes de divers médias en Afrique du Sud, Joseph Kabila Kabange s’est montré prêt à travailler de toutes les manières possibles pour revenir aux principes fondamentaux sur lesquels notre pays a été bâti.
FÉLIX TSHISEKEDI REMET KABILA EN COURSE…
Le président Félix Tshisekedi serait entrain de redonner de la popularité et de relancer le projet de candidature de son prédécesseur en vue des élections de 2028, et ce, sans nécessairement en avoir conscience. Cette situation semble découler en partie d’un bilan calamiteux et d’une approche politique caractérisée par l’indécision et les plaintes constantes.
À l’échelle internationale, les diplomates et les dirigeants auraient du mal à collaborer avec Félix Tshisekedi en raison de son caractère versatile, de son analyse partiale de la situation et de sa vision politique limitée. Ces changements fréquents de discours et d’approche politique n’inspirent guère confiance, ce qui peut s’avérer risqué sur la scène internationale et potentiellement conduire à des tensions pouvant mener à un conflit mondial majeur.
En politique, il est recommandé de ne pas se faire de cadeaux de peur que l’adversaire en tire avantage. C’est en cela que Tshisekedi a exactement failli. En raison d’une politique étrangère maladroite de son successeur, Joseph Kabila s’est ouvert, contre toute attente, les portes de l’honneur à l’international. Son initiative s’inscrit dans le cadre de la reconstruction nationale entre les Congolais, se révélant plus solide que celles de nombreux politiciens fonctionnaires présents à Kinshasa.
Sachant être habile calculateur politique, fin diplomate, Kabila sort de sa retraite au moment critique où Félix Tshisekedi se trouve dans une impasse, réduisant ainsi ses chances de recevoir de l’aide de ses alliés. Le prédécesseur de Tshisekedi réapparaît car il est conscient que la solution passe en partie par lui, il est donc incontournable.
Même si Kinshasa semble minimiser la situation sécuritaire précaire du pays ou accuser à tort ou à raison Kabila, la réalité est implacable : la négociation, le dialogue et l’inclusion de tous sont essentiels pour entamer un processus de paix durable.
Nous devons opter pour la paix alors que d’autres pays optent pour la guerre. Cela nécessitera de la prudence et une intégration de la culture de la paix dans notre politique, incluant la prévention des conflits, la consolidation de la démocratie, la justice équitable, l’État de droit et la distribution équitable des ressources nationales.
Après avoir beau essayer de saper l’image de prestige de Joseph Kabila, en demandant à ses pairs de l’aide face à l’ancien chef de l’État, Félix Tshisekedi n’a récolté que désillusion et une série de refus.
Un diplomate à Kinshasa a rapporté, sous le sceau de l’anonymat, que les pairs de Tshisekedi lui ont fermement conseillé de dialoguer avec son prédécesseur, soulignant la nécessité d’une approche coopérative. Cette attitude des dirigeants africains semble être motivée par la versatilité et la capacité à pas tenir les engagements qui distinguent le régime de Kinshasa.
L’étau se resserre autour de Félix Tshisekedi, et il est impératif de comprendre l’importance de trouver la paix de toutes les manières possibles pour éviter une aggravation de la situation.
L’avancée du M23, qui a pris le contrôle de Walikale Centre le 19 mars, renforce cette nécessité. Selon Joseph Kabila, lors d’une interview en Afrique du Sud après sa rencontre avec Thambo Mbeki, il est clair que « le problème et la solution, c’est le Président Tshisekedi ».
Par cette conclusion, Kabila semble vouloir ramener son successeur à la raison en soulignant que le plan actuel est crucial pour sauver le Congo de la balkanisation en même temps que le pouvoir en place de la progression vers de nouveaux territoires du M23/ AFC.
