Complot contre Vital Kamerhe : la vérité derrière la pétition

La pétition contre Vital Kamerhe : de la gestion opaque aux motifs obscurs. On vous explique tout.

Les manœuvres visant à destituer le Président de l’Assemblée nationale font grand bruit en République démocratique du Congo. L’affaire prend de l’ampleur et les raisons réelles commencent à se dévoiler.

À moins de cinq jours de la rentrée parlementaire, la volonté de faire partir Vital Kamerhe est manifeste. L’initiative, qui s’inscrit dans des stratégies politiciennes, est loin d’être simple, et rien ne semble encore véritablement joué.

Dans cet élan, les députés « révolutionnaires » font des pieds et des mains pour parvenir à leurs fins. Le mercredi 10 septembre dernier, ils ont sollicité une audience avec le Secrétaire Général de l’UDPS pour lui expliquer le sens de leur initiative et obtenir le soutien important du parti présidentiel. Après leurs échanges, le Secrétaire Général, Augustin Kabuya, a affirmé qu’il devait se référer à la « haute autorité de référence » pour obtenir des directives.

Il faudra rappeler que la pétition a récolté à ce jour plus de 200 signatures d’élus nationaux, à en croire l’un des pétitionnaires qui s’est exprimé au nom du groupe allé rencontrer Augustin Kabuya. Un chiffre qui, s’il est vrai, interroge tout esprit critique. Pourquoi les pétitionnaires auraient-ils besoin du ralliement de l’UDPS si leur motion rencontrait déjà un tel succès ? Cela questionne également les relations que Vital Kamerhe entretient encore avec ses partenaires ou les membres du présidium de l’Union sacrée.

Dans la mesure où le nombre de signatures est exact, les pétitionnaires sont conscients que la motion pourrait se heurter à des contraintes politiques plus importantes que prévu. Leur initiative de rencontrer le Secrétaire Général de l’UDPS, à quelques jours de la rentrée parlementaire de septembre, explique au mieux leur détermination. Pourquoi toute cette agitation alors que la réponse du Président Tshisekedi, au cours de la réunion interinstitutionnelle de lundi dernier, était on ne peut plus claire ? Il avait appelé à une rentrée parlementaire « apaisée » et axée sur les « priorités nationales ».

Kamerhe et les griefs…

On parle d’une « gestion opaque des ressources financières ». C’est facile de le dire, mais il faut le démontrer.

La gestion financière de l’Assemblée nationale relève du Bureau, et plus spécifiquement des Questeurs. Le Président de l’Assemblée nationale est l’ordonnateur principal du budget. Cependant, le processus de décaissement implique plusieurs acteurs. L’ordonnancement est la compétence du questeur délégué, tandis que le paiement des dépenses est assuré par le trésorier, un fonctionnaire de l’Assemblée responsable des fonds qui lui sont confiés.

À la lumière de ces détails, pourquoi cette fixation sur Vital Kamerhe, si le Bureau de l’Assemblée nationale est un organe collégial ? Il est clair que les raisons sont ailleurs.

 *Une campagne médiatique ciblée* 

La forte médiatisation de cette pétition poursuit un double objectif. Premièrement, la campagne médiatique concertée et souvent violente, menée par les députés pétitionnaires et les communicateurs du pouvoir, vise à faire condamner Vital Kamerhe par l’opinion publique.

En second lieu, les députés pétitionnaires, en intelligence avec leurs maîtres à penser, cherchent à légitimer leur démarche par tous les moyens possibles. Ils veulent ainsi éviter de s’attirer la foudre des Congolais, dont les préoccupations majeures sont d’ordre sécuritaire et social et non des batailles d’influence ou de positionnement stratégique.

Cela étant, tout porte à croire que la politique a déjà décidé du sort de Vital Kamerhe s’il venait à tomber dès la rentrée parlementaire prévue pour le 15 septembre. Tout va dans le sens de son départ, mais rien n’est véritablement joué pour l’heure.

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