La République démocratique du Congo a enregistré plus de 480 condamnations à mort en 2024, soit une augmentation spectaculaire de 300 % en une seule année, selon un rapport publié en avril 2026 par l’organisation Ensemble contre la peine de mort (ECPM) en partenariat avec Culture pour la Paix et la Justice (CPJ). Ce chiffre inédit intervient dans un contexte marqué par la levée du moratoire sur les exécutions en mars 2024, une décision qui a profondément modifié la politique pénale du pays.
Au-delà des statistiques, le rapport met en lumière de graves dysfonctionnements au sein de la chaîne judiciaire congolaise. Les deux organisations dénoncent notamment des procédures jugées expéditives, des cas de torture lors des interrogatoires, ainsi qu’un manque criant d’assistance juridique pour les accusés. À cela s’ajoutent des conditions de détention qualifiées d’inhumaines, illustrées par la surpopulation extrême de la prison centrale de Makala, estimée à plus de 1 000 % de sa capacité.
Face à cette situation préoccupante, ECPM et CPJ appellent les autorités congolaises à suspendre immédiatement toute exécution capitale et à engager des réformes en profondeur du système judiciaire. Les organisations exhortent également Kinshasa à s’inscrire dans une dynamique d’abolition de la peine de mort, en conformité avec les engagements internationaux en matière de droits humains.
