Révision constitutionnelle en RDC : le C.P.D alerte sur les risques pour la parité homme-femme

 

À l’occasion de la Journée internationale des droits de la femme célébrée chaque 8 mars, l’Autorité morale du Congrès des Patriotes Démocrates (C.P.D), Me Ernestine Nyoka Kayiba, a exprimé ses préoccupations quant à l’avenir des droits des femmes en République démocratique du Congo dans le contexte des débats portant sur une éventuelle révision constitutionnelle.

Dans une déclaration rendue publique en ce mois dédié à la femme, la présidente nationale du C.P.D s’interroge particulièrement sur le devenir de l’article 14 de la Constitution, disposition essentielle qui consacre la promotion des droits de la femme et le principe de la parité entre les hommes et les femmes au sein des institutions de la République.

Selon Me Ernestine Nyoka Kayiba, plusieurs signaux observés dans la gestion actuelle des institutions publiques suscitent déjà des inquiétudes quant à l’application effective de ce principe constitutionnel.

Elle cite notamment les récentes nominations des secrétaires généraux de l’administration publique, où la représentation féminine n’aurait pas atteint 10 %, alors que la proportion des femmes au sein du gouvernement ne dépasserait pas 27 %.

Pour l’Autorité morale du C.P.D, ces chiffres traduisent les difficultés persistantes dans la mise en œuvre effective de la parité pourtant consacrée par la loi fondamentale. La loi censée encadrer l’application concrète de ce principe peine encore à produire des résultats significatifs, ce qui constitue, selon elle, un signal préoccupant pour l’évolution des droits de la femme congolaise.

Dans ce contexte, la dirigeante politique estime que le moment n’est pas opportun pour ouvrir le débat sur une révision ou un changement de la Constitution.

Le C.P.D, formation politique membre de la coalition de la gauche congolaise au sein de l’opposition conduite par Jean-Marc Kabund-A-Kabund, considère que les priorités nationales doivent se concentrer sur la restauration de la paix, notamment dans la partie orientale du pays.

« Avant d’envisager toute modification constitutionnelle, la Nation devrait se mobiliser autour d’un objectif prioritaire : la tenue d’un dialogue national inclusif afin de restaurer la paix et la cohésion nationale », a déclaré Ernestine Nyoka Kayiba.

Elle rappelle que les femmes de l’Est de la République démocratique du Congo figurent parmi les premières victimes des conflits armés qui persistent dans cette région. Beaucoup d’entre elles sont confrontées aux déplacements forcés, à la pauvreté, aux violences et à diverses formes de traitements inhumains portant atteinte à leur dignité.

Face à cette réalité, l’Autorité morale du C.P.D interpelle la conscience nationale :

comment engager un débat sur la révision constitutionnelle alors que la femme de l’Est, symbole de la résilience congolaise, continue de lutter pour sa survie et pour la préservation de sa dignité ?

Pour Me Ernestine Nyoka Kayiba, l’urgence actuelle devrait plutôt porter sur le renforcement des mécanismes de protection des femmes, l’application effective des lois existantes sur la parité et la garantie d’une représentation équitable des femmes dans les institutions publiques.

En ce mois consacré à la femme, le Congrès des Patriotes Démocrates appelle ainsi les dirigeants et l’ensemble de la classe politique congolaise à placer la dignité, la sécurité et la participation des femmes au cœur des priorités nationales.

Car, souligne-t-elle, une Nation qui protège ses femmes protège également son avenir.

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