Une grande première! Débutée aux alentours de 10 heures, l’audition du Vice-président du PPRD, principal parti d’opposition, a pris fin en début d’après-midi.
Très pondéré, Aubin Minaku s’est plié à l’audition comme le voulaient les hauts magistrats, en balayant toutes leurs questions et préoccupations. Comme il n’y avait rien de solide à retenir contre le président honoraire de l’Assemblée nationale, l’audition s’est étrangement concentrée sur les échanges relevés dans un forum WhatsApp autour de l’affaire du vrai-faux coup d’État de Malanga et de ses coéquipiers du 24 mai 2024. Sans connaître la nature de ces échanges ni les circonstances de sa présence sur ce forum WhatsApp, Aubin Minaku a pris les dispositions nécessaires pour assurer sa défense.
Curieusement, après que l’audition a terminé, il est resté cloîtré dans le bureau jusqu’à 1h20, attendant le verdict d’une infraction reposant sur des actions bénignes et non malveillantes. Que cela a été long et traumatisant.
Réagissant à ce sujet, Me Ferdinand Kambere n’a pas caché sa surprise face à un pouvoir qui s’obstine à soumettre l’opposition à une dure épreuve dans un contexte politico-sécuritaire volatile, caractérisé par les menaces du fils de Museveni, de faire tomber très prochainement la ville de Kisangani.
« Qu’elles sont les responsabilités de Kabila dans cette situation ? Est-ce lui qui a signé l’accord de mutualisation des forces avec Museveni, alors même que ce dernier se permet de menacer d’attaquer le pays depuis Kisangani, sans que le gouvernement ne réagisse en mobilisant les ressources nécessaires pour y faire face ? », replique sagement Ferdinand Kambere, Secrétaire Permanent Adjoint du PPRD, à cette tentative d’intimidation du parti de Joseph Kabila, dont le retour suscite une panique parmi les politiciens fonctionnaires de Kinshasa, qui craignent pour leur carrière.
Ces convocations par la justice militaire sont perçues par plusieurs observateurs comme l’un des moyens de pression pour inciter le PPRD à rejoindre les consultations en vue de la formation d’un gouvernement de large union nationale. À ce sujet, la position du PPRD, ou plutôt du FCC, est claire comme de l’eau de roche : ni preneur ni demandeur.
« Les magistrats ont résisté aux pressions du pouvoir en refusant d’exécuter le mot d’ordre qui leur a été dicté, ce qui risquerait de plonger davantage le pays dans la crise », a-t-il poursuivi avant de louer le courage des hauts magistrats, en dépit de la longue attente.
« J’ai vu des hauts magistrats qui craignent Dieu et la Constitution. Le vice-président Aubin Minaku est rentré libre», a-t-il rassuré.
Décidé à en finir avec les réseaux de Nangaa et de ses alliés à Kinshasa, le régime « aux abois » de Tshisekedi pourrait recourir à des méthodes fortes pour réduire au silence les voix dissonantes. Il est à se demander si les autres magistrats sollicités pour cette tâche délicate seront capables de suivre l’exemple frappant de l’auditorat militaire supérieur de Kinshasa, comme en témoigne Me. Ferdinand Kambere. Cette interrogation demeure.
